22 Jan 2026

LE COMPTE COURANT D’ASSOCIES AU MAROC : UN LEVIER DE FINANCEMENT A MAITRISER

Souvent réduit à une simple écriture comptable, le compte courant d’associé (CCA) constitue en réalité l’un des outils de financement interne les plus puissants pour une société qui permet aux associés (fondateurs ou investisseurs) d’apporter rapidement des liquidités à l’entreprise, sans recourir aux circuits bancaires classiques et à leurs exigences en matière de garanties et de délais.

Ce mécanisme, en apparence souple et informel, repose toutefois sur une architecture juridique, fiscale et financière rigoureuse. La sécurité du compte courant d’associé ne dépend pas uniquement de la réalité des flux financiers, mais également du respect d’un formalisme précis, dont l’inobservation peut exposer la société et l’associé à des risques significatifs.

Un outil de trésorerie à forte valeur ajoutée

Le recours au compte courant d’associé répond avant tout à un besoin opérationnel. Contrairement au financement bancaire, souvent conditionné par la constitution de garanties réelles (hypothèques, nantissements) et par des procédures longues, l’avance en compte courant permet de faire face immédiatement aux besoins de trésorerie de l’entreprise.

D’un point de vue financier, le CCA offre une grande flexibilité. Il permet à l’associé de mettre temporairement sa trésorerie personnelle à la disposition de la société, sans modifier la structure du capital et sans recourir à un financement bancaire. Les sommes ainsi avancées constituent une source de liquidité immédiate, destinée à couvrir les besoins courants de l’entreprise.

Sur le plan patrimonial, le compte courant d’associé opère comme un mécanisme d’arbitrage. L’associé conserve la propriété des fonds avancés, lesquels demeurent, par nature, remboursables, sous réserve de la situation financière de la société. Parallèlement, ces avances peuvent générer des charges financières pour la société, susceptibles de venir en déduction de son résultat imposable, dans le strict respect des conditions prévues par la législation fiscale.

Le verrou fiscal : intérêts, conditions de déductibilité et risques de requalification

Si le compte courant d’associé constitue un outil de financement souple, son régime fiscal au Maroc est strictement encadré et impose une vigilance particulière. Le Code Général des Impôts n’admet la déductibilité des intérêts servis aux associés que si plusieurs conditions sont cumulativement respectées.

Ainsi, pour que les intérêts du compte courant d’associé soient déductibles fiscalement, il est notamment exigé que le capital social de la société soit entièrement libéré, que le montant des avances rémunérées n’excède pas le capital social, et que le taux d’intérêt déductible ne dépasse pas un taux fixé annuellement par arrêté du Ministre chargé des finances.

Le non-respect de l’une quelconque de ces conditions entraîne la réintégration des intérêts dans le résultat imposable de la société, avec les conséquences fiscales qui en découlent.

Du côté des associés, les intérêts inscrits au crédit du compte courant sont soumis à une retenue à la source. Celle-ci s’élève à 30 % lorsque l’associé est un particulier et à 20 % lorsqu’il s’agit d’une personne morale.

En pratique, les associés personnes physiques peuvent décider de consentir une avance en compte courant non rémunérée, sans conséquence particulière. En revanche, cette option est fortement déconseillée lorsque l’associé est une personne morale. L’absence de facturation d’intérêts dans ce cas peut être analysée comme un acte anormal de gestion, l’administration fiscale étant alors fondée à requalifier l’avance gratuite en prêt rémunéré et à réintégrer dans le résultat imposable de la société des intérêts « théoriques » qui n’ont pourtant jamais été perçus.

Enfin, la souplesse du compte courant d’associé ne dispense en aucun cas du respect d’exigences en matière de traçabilité. Il est fréquent qu’un associé alimente la trésorerie de la société par des versements successifs. Chaque apport doit pouvoir être justifié quant à son origine.

La jurisprudence retient que le crédit du compte courant d’un associé sans preuve de la provenance réelle des fonds a pour effet d’augmenter artificiellement le passif de la société et de porter atteinte à la sincérité de sa comptabilité. Les conséquences peuvent être particulièrement lourdes, l’administration fiscale étant en droit de rejeter la comptabilité et de procéder à une reconstitution du chiffre d’affaires, en considérant que les sommes inscrites en compte courant correspondent à des recettes dissimulées réinjectées dans l’entreprise.

La sécurisation juridique du compte courant d’associé

Au-delà des considérations financières et fiscales, la sécurité du compte courant d’associé repose sur la preuve juridique de l’engagement. Trop souvent, les dirigeants se limitent à la seule trace bancaire ou comptable pour justifier l’existence de l’avance, ce qui constitue un facteur de fragilité en cas de contrôle ou de contentieux.

La convention de compte courant d’associé doit être formalisée par écrit et soumise à la formalité de l’enregistrement. Cette formalité, bien que poursuivant un objectif fiscal, revêt une portée juridique essentielle : elle confère à l’acte une date certaine et le rend opposable aux tiers.

Conclusion

Le compte courant d’associé constitue un outil de financement interne efficace et souple, particulièrement adapté aux besoins des entreprises. Toutefois, son efficacité ne peut être pleinement assurée qu’au prix d’une gestion rigoureuse, respectueuse des exigences juridiques, fiscales et probatoires.

La mise en place d’une convention écrite, dûment signée et enregistrée, la traçabilité des fonds et le respect des règles fiscales applicables sont indispensables pour prévenir les risques de requalification et sécuriser tant la société que le patrimoine de l’associé.

Notre cabinet accompagne les entreprises et leurs associés dans la structuration, la formalisation et la sécurisation des comptes courants d’associés, afin d’optimiser la trésorerie tout en assurant une parfaite conformité juridique et fiscale.

03 Juin 2024

La Société par Actions Simplifiée s’agit d’une société commerciale par la forme, à objet quelconque. Elle et régie par les articles 43-1 à 43-15 de la loi 5-96, et certaines dispositions de la loi 17-95 relative à la SA.

Son principal atout c’est qu’elle offre aux associés une structure juridique où la liberté contractuelle domine, allant de la rédaction des statuts aux modalités de fonctionnement, ce qui permet de conférer une véritable efficacité aux dispositions habituellement contenus dans les statuts.

1) Caractéristiques d’une SAS

Associés

La société par actions simplifiée peut être constituée d’un seul (SAS à associé unique « SASU ») ou plusieurs associés qui sont soit des personnes physiques ou morales, et dont les bénéfices ou pertes ne sont distribués ou supportées qu’à concurrence de leurs apports. Toutefois, les statuts peuvent stipuler des avantages particuliers au profit de personnes associées ou non.

Organisation du capital

En principe, les éléments liés au capital de la SAS sont cadrés comme suit :

  • Le montant minimum du capital : Librement fixé par les statuts ;
  • L’apport en numéraire : libéré au quart (1/4) au moins, à la constitution, le surplus est versé dans un délai de 3 ans au plus ;
  • L’apport en nature : Libéré intégralement à la constitution ;
  • L’apport en industrie (connaissances, capacités techniques et savoir-faire): envisageable en échange d’actions inaliénables.

Dirigeants

La nomination d’un seul président (associé ou non), qu’il soit une personne physique ou morale, pour agir au nom de la SAS est obligatoire.

Organes de gouvernance

La SAS vous offre la liberté totale dans la fixation de l’exécutif de la société, et vous offre le choix parmi plusieurs options telles que :

  • Opter pour une société gérée uniquement par un président, et, le cas échéant, par un ou plusieurs directeurs généraux.
  • Se décider pour une structure de gouvernance équivalente à celle de la SA : soit l’organe moniste (conseil d’administration) ou dualiste (directoire et conseil de surveillance) ;
  • Ou toute autre structure définie librement dans les statuts.

Commissaire aux comptes

Sa nomination est facultative. Elle ne devient obligatoire qu’partir d’un certain seuil fixé par voie réglementaire.

2) Pourquoi choisir la SAS ?
  • La SAS permet de contrôler contractuellement la stabilité et la géométrie de l’actionnariat.
  • Elle assure la protection des intérêts des associés minoritaires par l’attribution des pouvoirs indépendamment à toute référence au capital détenu par chacun des associés.
  • Elle procure la liberté aux statuts pour organiser l’exercice du droit de vote des associés et la définition des décisions collectives, tant dans la forme que dans l’organisation au fond.
3) Comment créer sa SAS ?

La création d’une SAS obéit à aux mêmes procédures que celles des autres formes de société, avant qu’elle soit immatriculée au registre de commerce (RC). Voici les étapes pour créer un SAS

  1. Constitution du capital,
  2. Etablissement des bulletins de souscription et de versement en cas d’apport en numéraire,
  3. Rédaction et signature des statuts,
  4. Dépôt du dossier de la constitution et immatriculation au R.C,
  5. Publication de la constitution au journal d’annonces légal et au Bulletin Officiel,
  6. Identification auprès de l’administration fiscale et affiliation aux organismes sociaux.

En conclusion, la société par actions simplifiée représente une structure juridique flexible et adaptée à de nombreux projets entrepreneuriaux.

Chez Mkonsulting, nous comprenons l’importance cruciale de choisir la bonne forme juridique pour votre entreprise. Nous sommes là pour vous accompagner à chaque étape de la création de votre société, de la conception initiale à la finalisation des statuts. Notre équipe expérimentée vous guidera à travers le processus, en veillant à ce que vos besoins soient pleinement satisfaits et que votre entreprise soit correctement établie pour prospérer.

N’hésitez pas à nous contacter pour toute demande de création d’entreprises.

11 Mar 2024

Anciennement connues sous le nom de zones franches d’exportation (ZFE), les zones d’accélération industrielle représentent des périmètres déterminés du territoire douanier où les activités industrielles et de services qui y sont liées, sont soustraites à la législation et à la réglementation douanière et à celles relatives au contrôle du commerce extérieur et des changes.

Les entreprises installées au sein de ces zones jouissent du privilège d’exercer toute activité d’exportation à caractère industriel ou commercial, ainsi que les activités de service qui y sont liées, et bénéficient d’un certain nombre d’avantages fiscaux, douaniers et de changes.

A ce jour, le Maroc compte plus de dix zones d’accélération industrielle, dont trois sont localisées dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, trois dans la région de Rabat-Salé-Kénitra et une dans la région de Casablanca-Settat.

1) Les personnes autorisées à s’installer dans les ZAI

Toute personne physique ou morale, de nationalité marocaine et étrangère, est autorisée à investir et à installer sa société à l’intérieur des zones d’accélération industrielle.

Néanmoins, les personnes physiques de nationalité marocaine résidant au Maroc et sociétés ayant leur siège social au Maroc ne peuvent procéder à des opérations d’investissement à l’intérieur des zones franches d’exportation qu’en conformité avec la réglementation des changes en vigueur.

 2) Les activités pouvant s’exercer au sein des Zones d’Accélération Industrielle

En principe, sont autorisées toutes activités à vocation industrielle ou commerciale, ainsi que les services qui en découlent. Néanmoins, chaque zone d’accélération industrielle établit, par voie réglementaire, les spécifications relatives aux activités des entreprises susceptibles de s’implanter en son sein.

À l’instar de la zone franche d’exportation de Tanger, les activités autorisées sont spécifiquement définies par le décret n° 2-96-511. Ces activités englobent notamment :

  • l’agro-industrie ;
  • les industries textile et du cuir ;
  • les industries métallurgiques, mécaniques, électriques et électroniques ;
  • les industries chimiques et parachimiques ;
  • ainsi que les services afférents à ces activités.
3) Avantages accordés aux Zones d’Accélération Industrielle
1 – Avantages fiscaux :
  • Exonération totale de l’impôt sur les sociétés durant les 5 premières années d’exploitation et application du taux de 20 % pour les exercices qui suivent le 5ème exercice d’exonération totale.
  • Exonération des dividendes et autres produits de participation similaires de source étrangères lorsqu’ils sont versés à des non-résidents.
  • Exonération de la taxe sur la valeur ajoutée, avec droit à déduction des produits livrés et les prestations de services rendues aux ZAI ainsi que les opérations effectuées à l’intérieur ou entre lesdites zones (obligation déclarative de la TVA).
  • Exonération de la taxe professionnelle pendant les 15 premières années pour les immeubles et l’équipement.
2 – Avantages douaniers et de changes :
  • Exonération des droits, taxes et surtaxes à l’importation.
  • Procédures douanières simplifiées.
  • Absence de contrôle des changes.
  • L’exemption des prescriptions édictées par l’Office des Changes en matière de transfert de devises.
  • Les entrées de marchandises dans les ZAI ainsi que leurs sorties de ces zones ne sont pas soumises à la législation relative au contrôle du commerce extérieur.
3 – Autres avantages :
  • Les entreprises installées au sein des ZAI peuvent également bénéficier de tout autre avantage prévu par d’autres dispositions législatives en matière d’encouragement à l’investissement.
4) Procédure d’installation dans une Zone d’accélération industrielle
  • Demande d’autorisation d’installation en ZAI,
  • Instruction du dossier et délivrance de la décision d’installation par la Commission locale de la Zone,
  • Signature du contrat de location ou de vente du lot, selon le cas,
  • Demande de l’autorisation d’Exploitation,
  • Instruction du dossier et délivrance du Permis d’exploitation,
  • Démarrage de l’activité.

 

Mkonsulting vous accompagne dans vos démarches d’investissement au sein des Zones d’Accélération Industrielle avec une gamme de prestations de conseil et d’accompagnement sur mesure en matière administrative, financière, juridique, fiscale et de changes.

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Disclaimer : Les informations présentées dans cet article sont destinées à servir de guide général sur le sujet. Nous vous recommandons vivement de nous consulter afin d’obtenir des conseils personnalisés correspondant à votre situation spécifique.

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Mouna KAMALI
CEO, MKONSULTING
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